Quand c’est l’Assistante maternelle qui démissionne

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La démission ce n’est pas facile. Cela peut être réfléchi ou non réfléchi. C’est un peu comme dans un couple qui ne s’aime plus. Parfois il y a tromperie ou violence. Parfois personne n’a trompé personne, personne n’est méchant mais un malaise qui s’installe, l’un ne supporte plus l’autre et l’autre ne supporte plus l’un. Puis un jour une évidence. Des larmes qui remplissent un vase au fil des ans ou des mois et parfois une qui déborde. Je ne sais pas vraiment. Cela ne s’explique pas toujours. Une évidence pourtant et toujours cette impression que l’on aurait du le faire avant. On sait qu’on va le faire et que rien ne nous fera reculer. On fait ses valises, on tente de tourner la page et on la tourne.

Parfois  la goutte n’a pas débordé et le vase était presque vide. Alors comment expliquer. Comment expliquer ce sentiment que j’ai de ne pas me sentir sereine,  que l’on ne me fait pas confiance? Oui je sais, ce n’est qu’un sentiment, surement injustifié. Mais il est là dans ma tête. C’est peut être moi finalement qui ne fait pas confiance? Je ressens peut être trop la peur de certains parents, ou ce qu’ils n’osent pas exprimer. Dans une autre vie j’ai du être voyante….

Alors je me remets en question. Avec le temps, je deviens peut être acariâtre….Mes origines Corse resurgiraient elles, je deviens susceptible? Oui c’est vrai, j’ai du mal parfois à accepter les remarques. Pourtant jusqu’à présent j’avais plutôt le sentiment d’être conciliante, non regardante (si cela se dit ?).  Mes parents employeurs peuvent arriver en retard ou me régler  qq jours plus tard : je ne mords pas du premier coup! (même si je mords parfois!) Peut être est ce le ton employé alors? 

C’est vrai, tout en étant complaisante aimable et souriante, il y a des choses que je n’accepte pas, mais vraiment pas du tout. Je « milite « pour le CAMAM mais j’aurai tout aussi bien pu militer pour  le droit et l’égalité  des femmes. Pour moi nous devons être tous égaux et je parle de la même manière à la gardienne de mon immeuble qu’au président de la République : avec respect et gentillesse. Je suis une révoltée au fond de moi. Alors peut être s’il n’y a que le respect et qu’il manque la gentillesse dans l’intonation…..

Je ne suis pas parfaite. Et le monde n’est pas parfais. Parfois il peut y avoir une petite incompréhension avec nos parents employeurs. Parfois nous ne nous exprimons pas tous de la même manière, n’avons pas eut la même culture, les mêmes principes éducatifs et avons du mal à nous comprendre (un peu comme les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ou les ados avec les parents) mais quand il y a du respect et de la gentillesse,avec le temps on s’accorde très bien! 

Jusqu’à présent, je me considérait comme gentille. Mais un doute s’installe au fond de moi. Je dis gentille parce que j’avais l’impression que je suis serviable du moment que c’était  respectueux et « à charge de revanche » comme on dit. Je me considère « arrangeante » et du coup mes employeurs le sont encore plus que moi et je les en remercie ici. Mais finalement je ne suis plus si sure d’être gentille aujourd’hui.

Alors je me cherche des excuses ‘il s’est passé cela, on m’a dit cela, au départ j’avais pourtant bien préciser que,………je le sais bien que ce ne sont que des excuses. Elles ne sont là que pour me conforter.

Alors la vérité ……….c’est qu’ Il ne s’est rien passé, ni de grave ni de moins grave. Je n’ai aucun reproche à faire. Il ne s’est rien passé et justement c’est parce qu’il ne s’est rien passé que je démissionne. 

On appelle cela le « feeling ». J’ai recherché dans le dico la définition : »Familier. Manière de ressentir telle ou telle situation, intuition ». Voila, il ne s’est rien passé ni cela  d’ailleurs. Je suis fautive à avoir cru que cela allait se déclencher et que ce retard de « feeling » n’était du qu’au stress du parent à confier son enfant.

Alors voilà je démissionne. Je ne suis pas fière. Je suis pourtant apaisée .

J’entends souvent dire « ahhhh…les assmat…….elles choisissent les parents! » sur un ton de dénigrement. Dis comme cela, dans une simple conversation, cela parait déplorable et peu professionnel. Mais nous ne travaillons pas en crèche, aucun relais n’est possible quand le courant ne passe pas ou passe mal, nous n’avons pas de référents, nous ne faisons pas un accueil public mais privé….et les relations assmat – parents vont au delà du contrat papier. C’est l’intimité de notre maison que nous ouvrons et celle aussi de notre coeur, souvent même le partage d’un gâteau!

Quoiqu’on en dise, quoique on en pense, l’accueil chez l’assmat ne peut être dépourvu d’affectif que ce soit envers l’enfant mais aussi envers le parent. Qu’on nous l’interdise comme c’est parfois le cas (propos tenus en formation) n’y fera rien, nous sommes avant tout humaines. Je ne veux pas être une employée. Je me veux « profession libérale travaillant en collaboration avec des familles » même si je n’en ai pas le statut. Mon accueil est privé tout comme les relations qui me lient à l’enfant et aux parents.  Et travailler pendant souvent 3 ans et plus quand la relation sereine n’est pas au rendez vous…….

images (8)Alors voilà, je démissionne. Je ne suis pas fière. Je suis juste apaisée.

 

 

 

Ps : suite aux nombreux mails que j’ai reçus et qui s’inquiétaient, je précise :démission auprès de l’un de mes employeurs et non pas du métier!