Fière !

CE QUE JE TROUVE DE PLUS MERVEILLEUX DANS NOTRE MÉTIER ET QUI M ‘ÉMEUT, c’est la confiance totale que nous donne un enfant.Main-danl-main-Alina-et-zaza

 

 

 

 

 

 

Les enfants nous font confiance. Pas le premier jour, certes, parce que la confiance cela se gagne au fil des jours mais il y a des moments rares où l’enfant repose toute sa confiance sur nous, à 100%. Dans le cas présent, c’est petite boucle d’Or 2 ans qui malheureusement a attrapé une varicelle méga forte. Boucle d’Or se laisse faire.. »allonge toi, tourne toi, soulève le cou, soulève le menton », tout cela se fait dans un silence et tout en douceur. Boucle d’Or s’exécute sans broncher, juste ses yeux dans les miens et ma voix pour la rassurer. « cela va faire froid » car il a été convenu avec maman que pour faire plus vite la Biseptine serait directement pulvérisée sur le corps. Cela ne servirai à rien de tamponner les boutons un par un : il y en a trop! Ensuite on recommence avec la crème: tourne toi, soulève les bras…..Boucle d’Or est silencieuse…Boucle d’Or un instant a faillit pleurer alors j’ai promis un petit cadeau.Boucle d’Or reprend son silence. Boucle d’or n’a pas pleurer et la confiance qu’elle m’accorde m’émeut.

Tout le monde le sais bien, nous ne faisons rien de nos journées….et comme le disait jean Epstein dans son livre » Assistante maternelle: Un monde extraordinaire  » 

" Qu'est ce que vous faites comme métier?" "Je suis assistante maternelle".....un instant de silence........"C'est vraiment un métier ça?  Vous êtes payées pour rester chez vous toute la journée à jouer avec les enfants! Vous en avez de la chance!"........."

Je ne vais pas reprendre ce texte si connut et représentatif de notre métier, un métier aux 100 professions. ( Pour celle qui voudraient en prendre connaissance c’est ici), ni me justifier. Nous ne devrions pas à avoir à nous justifier sans cesse!  Bien sur, je suis à tour de rôle infirmière, cuisinière, avocate, diététicienne, femme de ménage, psychologue et diplomate….mais le plus important dans mon métier est invisible. Les parents me confient ce qu’ils ont de plus cher pour eux.  Ce que j’apporte, et beaucoup d’entres vous se reconnaîtrons ici,  est une partie de cette invisibilité. Si elle a beaucoup de facettes, elle s’appelle  dans ce cas présent respect, confiance, amour ou attachement. Mais comment évaluer cette invisibilité? A t elle un prix finalement?  Et ce que je reçois en retour ne peux s’estimer : il n’est plus grande valeur à mes yeux que la confiance qu’un enfant si petit et si dépendant nous accorde.

Imaginez vous dépendant pour tous les gestes de la vie courante du jour au lendemain, 10h par jour, tous les jours de la semaine, d’une personne que vous ne connaissez pas…….De plus vous sentez bien que la personne qui vous dépose le matin n’est pas très rassurée non plus……alors la confiance va s’installer à tout petit pas.  A chacun de nos gestes délicats, à chacun de nos regards compréhensifs nous gagnons un peu de la confiance de  ce tout petit qui a tant besoin d’être sécurisé.

Bien sur, il est définit dans mes taches d’être garante de la sécurité, mais je veux ma responsabilité  au delà de cette sécurité physique, je la veux affective en sus. Vous l’avez surement entendu pendant votre formation initiale  » une professionnelle ne doit pas être dans l’affectif », ou encore en RAM on vous reprends parce que vous avez osez dire machinalement « viens ici mon chéri » à un pt gars de deux ans à qui il faut remonter le pantalon. Nous sommes alors accusées de dépasser notre rôle, de supplanter celui de la maman en apportant un peu d’amour!!!!  Quel non professionnalisme que d’apporter à l’enfant ce dont il a le plus besoin pour se construire!!!!  Nous sommes reconnues comme non professionnelles au moment même où nous le sommes le plus. Et comment ne pas être dans l’affectif quand on passe parfois jusqu’à 50h par semaine en tête à tête parfois avec un pt bout.  50h multiplié par 11 mois multiplié sur deux ans cela donne 1100 heures. Vous pourriez , vous?, ne pas être dans l’affectif après 1100 heures de proximité où vous l’avez porté, changé, endormi, nourri, amusé???  Et de quoi l’enfant  a t il le plus besoin : d’être entouré de matériel ou d’amour?  l’enfant qui a tous les jeux mais pas assez d’amour est il plus ou moins heureux que celui qui en a moins mais ressent qu’il est aimé à chaque instant…..

Pourquoi l’enfant ne devrait il être affectionné  que de sa famille? Pourquoi inculquons nous cela? Pourquoi si la démonstration affective est « convenante » dans certains gestes et dans certaines situations (bisous bobo, calin fatigue), pourquoi ne l’est elle pas dans la parole? Quels adultes sommes nous? On parle aujourd’hui de non violence éducative, de bientraitance. On dénonce les douces violences en les énumérant, on se veut être dans une éducation bienveillante. Je voudrais pouvoir rajouter « bienveillante et affective ». L’affection désigne , dans le langage courant, une forme de tendresse à l’égard de quelqu’un et d’attachement à cette personne. L’affection implique souvent une émotion associée à un sentiment ou type d’amour.

Et bien, moi, je travaille avec mes émotions et avec des êtres pourvus d’émotions. Mes émotions sont la matière première que j’utilise dans mon travail. Je sais faire preuve d’empathie et j’en suis fière.

Jean Epstein, pour le reprendre à nouveau et de mémoire, car le livre prêté n’a pas été rendu, (excusez moi du coup, Jean si ce n’est pas bien retranscrit)   disait que le nourrisson à la naissance sécrète la même hormone olfactive que celle de la maman, et lorsqu’il est déposé qq mois plus tard chez l assistante maternelle, il va produire la même hormone olfactive que cette dernière dans le but de se faire accepter et adopter par elle. C’est pour cela que certaines mamans rentrées chez elles après avoir récupérer leur enfant chez l’assmat, trouve que ce dernier ne sent pas bon….a une odeur….et vont parfois jusqu’à laver l’enfant pour cette raison.

Cet enfant qui a fait tout cela pour se faire « aimer » n’a t il pas droit à autre chose que des gestes mécaniques. Bien sur les gazoullis et guillis guillis bisous sont réservés aux mamans papas bien que je vous l’avoue, je crois avoir pêché….car j’ai parfois (pas toujours) le sentiment que l’on me considère comme membre rattaché à la famille pour un temps donné dans un espace défini et que je suis convaincu que le tout petit sait bien faire la différence comme il le fait avec les autres membres de sa famille.

Notre métier est spécifique et de ce fait ne devrait pas être accessible à tout le monde….

Quand l’enfant est séparé de ses parents, il a besoin plus que tout d’être dans une sécurité affective.  Arrêtons d’aseptiser nos cœurs comme on le fait dans nos maisons et dans les structures. Je refuse d’être  juste  une » bonne professionnelle ».  Je serai aimante, l’enfant lui sait très bien qui est sa mère et fait la différence et il a le droit d’être élever dans une bienveillance affective. Nous serons aimantes et c’est bien là ce qui représente le mieux notre profession. Notre métier ne peut être dépourvu d’amour et d’attachement.

A ces quelques formatrices, à ces quelques « professionnelles » de la petite enfance (rares heureusement) qui d’un regard dénigrant  voient en nous une attitude non professionnelle, qu’ont elles retenues des besoins fondamentaux de l’enfant? 

Et si cela dérange!  Et bien dérangeons!!!

Témoignage de nanou Bilou sur fb:

"Un titi m a ému quand il m a dit bobo nanou je le soignes et la debout me prend au cou et me fait bisou merci ma nanouuuuuu 27 mois ....je fond"

Voilà pourquoi je suis fière de mon métier Assistante Maternelle. Fière quand je sens qu’un enfant me donne sa totale confiance.